P. Makhwellé, étudiante sud-africaine, risque dix ans de réclusion criminelle, une peine requise par le procureur de la République près la Chambre criminelle de Mbour. L’Observateur, qui a assisté au procès, revient sur cette affaire dont les faits remontent au 13 novembre 2023. Ce jour-là, la jeune femme, en provenance d’Afrique du Sud, est interceptée à l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) de Diass lors d’un contrôle de routine, en raison de son comportement suspect.
Aussitôt mise à l’écart par les éléments de la subdivision des Douanes de l’aéroport, elle est soumise à un test urinaire qui s’avère révélateur. La passagère est ensuite acheminée à l’hôpital Principal de Dakar pour des examens approfondis. Ceux-ci confirment la présence de corps étrangers dans son organisme. L’extraction permet de récupérer 100 boulettes de cocaïne dissimulées dans son estomac, pour un poids total de 1,5 kg et une valeur marchande estimée à plus de 45 millions de FCFA. Remise aux forces de l’ordre, elle a depuis comparu devant la Chambre criminelle de Mbour.
À la barre, P. Makhwellé a expliqué s’être lancée dans ce trafic « pour se soigner », après des complications post-accouchement et l’abandon de son compagnon. Reprise par le quotidien du Groupe futurs médias, elle affirme avoir acheté la drogue à Johannesburg grâce à de l’argent offert par son père, sur les conseils d’une amie qui lui promettait des débouchés au Sénégal. Elle a toutefois contesté la quantité retenue dans le dossier, évoquant « 1 kg » au lieu des 1,5 kg mentionnés par l’accusation.
Malgré les regrets exprimés par la prévenue et sa demande de clémence, le procureur a requis dix ans de réclusion criminelle. Le délibéré est fixé au 20 novembre prochain.