Au sujet du projet Yakaar-Téranga, la Présidence, la Primature, le ministère chargé du Pétrole, Petrosen et le Cos Petrogaz ont fonctionné comme des «centres de décision concurrents». C’est l’avis du juriste Insa Camara. Dans un entretien paru ce mardi dans L’Observateur, l’expert rappelle en effet que «les uns ont milité pour faire coûte que coûte de Petrosen un opérateur tandis que les autres ont conseillé d’y aller graduellement pour ne pas se brûler les ailes». Pire, selon l’auteur de Le pari du contenu local, cette confusion aurait conduit à un dépassement de prérogatives. Il estime que le directeur général de Petrosen de l’époque, Alioune Guèye, a «gravement outrepassé ses droits» en cosignant la renonciation aux droits et intérêts sur le bloc de Cayar Offshore Profond avec Kosmos Energy. Il invoque à cet égard le principe du parallélisme des formes, qui, selon son analyse, réservait cette prérogative au ministre signataire. Pour Insa Camara, cette situation expose l’État à un double préjudice. D’une part, une perte réelle (damnum emergens) liée aux travaux contractuellement prévus mais non réalisés. D’autre part, un manque à gagner (lucrum cessans) correspondant à la perte de chance de voir d’autres compagnies découvrir des hydrocarbures dans la zone.