Thiès, la capitale du rail, a accueilli un atelier de sensibilisation de trois jours sur la planification familiale et les problématiques de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente (SRMNIA-N). Organisé à partir du 24 mars 2025, cet événement réunit plus de 30 journalistes membres du réseau des journalistes en santé, population et développement, venus des 14 régions du Sénégal. L’objectif est de les outiller pour diffuser des informations fiables sur ces thématiques cruciales. Le Dr Amadou Doucouré, directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant (SME) au Ministère de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS), a expliqué que cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan stratégique quinquennal pour la santé maternelle et infantile. « Nous mettons le focus sur l’accélération de la demande en soins de santé reproductive, maternelle et néonatale. C’est dans cette dynamique que le MSAS a signé une convention avec l’association des journalistes en santé et développement pour renforcer leurs capacités sur des thèmes comme la planification familiale, les effets secondaires des contraceptifs, l’allaitement maternel exclusif, les consultations prénatales, le paquet intégré de soins et la santé des adolescents », a-t-il déclaré.
Des progrès, mais des obstacles persistants
Le Dr Doucouré a salué les avancées en matière de planification familiale, notant que le taux de prévalence contraceptive au Sénégal a atteint 25,1 %, avec 880 000 nouvelles utilisatrices, permettant d’éviter environ 13 000 décès maternels. Cependant, des défis subsistent. « La planification familiale est une méthode efficiente pour réduire la mortalité maternelle et néonatale, mais elle est confrontée à des rumeurs, des effets secondaires liés aux contraceptifs et à l’acquisition détournée de certains produits », a-t-il précisé. Il a également déploré une baisse de l’allaitement maternel exclusif, passé de 40 % en 2019 à 34 % en 2023, en raison de croyances socioculturelles, de rumeurs et de traditions. Cet atelier vise à outiller les journalistes pour qu’ils deviennent des relais efficaces auprès des populations. « Nous sommes là pour leur donner la bonne information afin qu’ils nous aident dans la sensibilisation et la communication, en leur permettant de comprendre l’importance de ces thématiques pour une meilleure santé de la mère et de l’enfant », a conclu le Dr Doucouré.