Le projet EnPRISE 4, destiné à renforcer la prise en charge psychosociale des enfants et adolescents vivant avec le VIH, a été lancé lundi à Diourbel, a constaté l’APS.

‎Ce projet, mis en œuvre dans les quatorze régions du Sénégal sur la période 2025-2028, est piloté par le Centre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann (CRCF).

Il s’inscrit dans la continuité d’EnPRISE 3 avec l’ambition de toucher environ 160 hôpitaux et centres de santé en intégrant un accompagnement psychosocial.

‎Le projet accorde une attention particulière à la santé sexuelle et reproductive des jeunes filles et à la sécurisation de la transition vers le dolutégravir, un antirétroviral de dernière génération. Il prévoit de suivre directement 2 300 enfants et adolescents vivant avec le VIH et de former 1 000 professionnels de santé.

‎”Dans notre pays, des centaines d’enfants vivent avec le VIH sans le savoir. Ici, à Diourbel, le phénomène existe et nécessite la mobilisation de tous les acteurs pour améliorer la prise en charge”, a déclaré Dr Karim Diop, secrétaire général du CRCF.

‎Il a rappelé que ces enfants sont souvent confrontés à l’isolement et à la stigmatisation ; une situation qui justifie la nécessité de renforcer les dispositifs régionaux.

‎L’objectif fixé est d’atteindre zéro infection pédiatrique d’ici à 2030, précise-t-on.

‎Le Dr Mandiaye Mbodji, pédiatre au centre hospitalier Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba (centre), a souligné les difficultés liées au diagnostic et au suivi des jeunes patients. ”Pour le dépistage des enfants et adolescents dans la région de Diourbel, nous sommes à 44 % sur un objectif de 95 %, et à 83 % pour leur maintien dans les structures de prise en charge”, a-t-il indiqué.

‎Il a plaidé pour davantage de sensibilisation et d’accompagnement des enfants vivant avec le VIH.

‎Le chef de la Division de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (DLSI), Magatte Ndoye Ndiaye, a salué le lancement d’EnPRISE 4, qu’il juge opportun dans un contexte de rareté des ressources.

”Le faible taux de dépistage et les ruptures de traitement chez les enfants imposent de renforcer l’accompagnement psychosocial”, a-t-il dit. Il a appelé au dépistage systématique des femmes enceintes pour couper la chaîne de transmission mère-enfant.

‎Il a annoncé l’acquisition de trois appareils de mesure de la charge virale, dont un sera installé à Touba. Ces équipements permettent d’évaluer l’efficacité des traitements et de surveiller l’évolution de la maladie.

‎L’adjoint au gouverneur de Diourbel chargé du développement, Djibril Diop, a invité les collectivités territoriales à s’impliquer aux côtés des acteurs pour lutter contre la prolifération du VIH chez les enfants.

‎Il espère que le projet EnPRISE 4 contribuera à améliorer durablement la prise en charge des enfants vivant avec le VIH dans la région.

‎‎MS/ASG/SKS/ABB

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