Les quotidiens reviennent très largement vendredi sur les principales décisions issues du dernier Conseil supérieur de la magistrature, en même temps qu’ils s’inquiètent du niveau de la dette publique, sujets d’actualité les plus en vue.
Plusieurs changements ont été opérés dans les différentes juridictions du pays, notamment au sein du Pool judiciaire financier, à l’issue du Conseil supérieur de la magistrature tenue jeudi sous la présidence du chef de l’Etat, renseigne le quotidien Le Soleil.
Deux nouveaux substituts au procureur financier ont été nommés, portant leur nombre à 4, ajoute Le Soleil, selon lequel cette juridiction spéciale se trouve ainsi renforcée. Sud Quotidien reprend la même information, Walfquotidien parlant de ‘’remue-ménage au Pool judiciaire financier’’.
‘’Simple coïncidence ou ironie du sort’’, l’affectation de trois juges du collège d’instruction du Pool judiciaire financier laisse ‘’place à des commentaires sur des faits ayant précédé la décision du président de la République […], écrit Walfquotidfien.
Avant ces décisions d’affectation, Bassirou Diomaye Faye avait notamment ‘’dénoncé les lenteurs [notées] dans l’instruction des dossiers de détournement de deniers publics impliquant d’anciens ministres de la République’’, rappelle le même journal.
Il ajoute que les déclarations en question du chef de l’Etat font suite à une sortie médiatique dans laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko ‘’constatait des lenteurs dans le traitement des dossiers judiciaires concernant les anciens dignitaires du régime’’.
Le Pool judiciaire financier ‘’étoffé’’, relève Le Quotidien pour parler de ces changements intervenus dans le secteur de la Justice. ‘’Le grand chamboulement’’, renchérit, sur le même sujet, le quotidien Enquête. ‘’La Cour suprême légèrement retouchée, le Pool judiciaire [financier] renforcé’’, résume Tribune.
Certains juges ont été aussi remplacées, ‘’tandis que les procureurs de la République ont été épargnés’’, signale par ailleurs le quotidien Tribune, selon lequel cette session du Conseil supérieur de la magistrature ‘’relance’’ la question de la réforme de cette instance présidée par le président de la République et le Premier ministre.
L’info, pour sa part, pointe ‘’des nominations stratégiques qui redessinent les contours de l’appareil judiciaire sénégalais’’. Source A relève un point précis, qui peut avoir ou non son importance : la Cour d’appel de Dakar ‘’caracole en tête en termes de nouvelles nominations (20), derrière Thiès (9), suivie de Kaolack (2) et Ziguinchor (2)’’.
L’As s’autorise une interrogation principale : les changements intervenus au Pool judiciaire financier, moins d’un an après la mise sur pied de cette institution, vont-ils ‘’dans le sens de corser la lutte contre la corruption et la prévarication ?’’
Mais c’est sur le niveau de la dette publique que les quotidiens semblent le plus s’intéresser, avec la ‘’charge’’ de l’Alliance pour la République (APR) contre le pouvoir sur cette question.
‘’dans un climat économique tendu et un contexte politique crispé, le parti de Macky Sall accuse le pouvoir en place de dérives budgétaires, de verrouillage des libertés publiques et d’opacité dans la gestion des affaires de l’Etat’’, rapporte L’As.
‘’Macky & Compagnie réclament des comptes à Diomaye-Sonko sur le rythme effréné de l’endettement’’, peut-on lire à la une de Vox Populi. La formation politique de l’ancien président veut ‘’des explications crédibles sur la destination des 10.200 milliards FCFA contractés : 4500 milliards en 2024 et 5700 milliards en 2025’’.
L’APR affirme qu’en deux ans, la dette a atteint 10 mille 200 milliards de francs CFA. ‘’c’est le niveau des 5 dernières années de Macky Sall’’, selon la formation de l’ancien président.
Surtout, cette dette est ‘’sans effet’’ sur le quotidien du sénégalais ordinaire, soutient Tribune. ‘’Tous les signaux [sont] au rouge, s’alarme le quotidien Enquête, selon lequel l’Etat du Sénégal se trouve ‘’dans un véritable engrenage’’.
‘’Alors qu’il se démène pour sortir des difficultés, lit-on dans les colonnes de cette publication, le Sénégal semble s’enfoncer davantage dans le trou, avec des finances publiques de plus en plus exsangues. La dernière illustration en date est la loi de finance rectificative publiée hier par le gouvernement’’.
Il ressort de cette dernière une baisse des prévisions de recettes de 130 milliards de francs CFA en valeur absolue, correspondant à 2,6% des recettes espérées dans le cadre de la Loi de finances initiale, selon Le Quotidien.
Tout ne semble pas pourtant pas noir dans la loi de finances rectificative, si l’on en croit Le Soleil, qui note que l’Etat a décidé de dégager 500,9 milliards de francs CFA ‘’pour solder les comptes’’ et ‘’apurer ses arriérés de paiement. Une bouffé d’oxygène pour le secteur privé’’.
Dans un tel contexte, les ministres et directeurs généraux sont ‘’pris en tenaille’’ et ‘’vivent une situation complexe. Ils sont pris en étau entre les regards critiques des militants, les reproches de certains leaders et les menaces du Premier ministre’’.
Concernant la gouvernance politique et économique en général du pouvoir, Sud Quotidien annonce que l’opposition ‘’sonne la révolte’’, à travers le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), qui dénonce une ‘’dérive autoritaire’’, un ‘’recul démocratique’’ et une ‘’crise financière et économique’’.
BK