L’intérêt des quotidiens parvenus mercredi à l’APS porte essentiellement sur l’adoption, la veille, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi portant  modification du Code électoral.

La proposition de loi portée par le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a été adoptée à une large majorité, mardi, en séance plénière. Le quotidien Le Soleil précise que sur 141 votants, 128 se sont prononcés en faveur du texte, 11 ont voté contre et 2 se sont abstenus.

“Ceux qui demandaient aux députés de Pastef de surseoir à leur initiative parlementaire peuvent se faire une raison. La procédure d’examen de la proposition de loi portant modification du Code électoral est allée à son terme et le texte a été validé malgré toutes les tentatives de l’opposition”, rapporte le quotidien Les Echos.

“Bras de fer victorieux pour la majorité à l’Hémicycle”, souligne le journal Le Quotidien, avant d’ajouter : “En faisant adopter […] la modification du Code électoral, le parti Pastef a dicté sa loi face à une opposition vent debout contre un texte jugé ‘personnel’”.

“Entre rappels historiques sur la loi d’amnistie de 2024 et plaidoyer pour l’élargissement du jeu démocratique, le ministre de l’Intérieur a balayé les craintes de rétroactivité, affirmant que le Sénégal entre désormais dans une ère  où les ‘scories’ judiciaires ne suffiront plus à écarter des candidats”.

Selon les auteurs de la proposition de loi modifiant la loi n° 2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral modifiée, ce texte a pour objet de “réaménager et clarifier” les conditions d’inscription sur les listes électorales.

Il cible la révision des articles L.29 et L.30, en limitant la déchéance du droit de vote et d’éligibilité liée à des condamnations pénales antérieures.

Selon Le Soleil, les députés de la majorité ont fait valoir que ces deux articles (L.29 et L.30) “ont, par le passé, permis d’écarter du jeu électoral des candidatures jugées sérieuses et légitimes, dans des conditions perçues comme politiquement orientées”.

Un “diktat de la majorité”

En adoptant ce texte, l’Assemblée nationale “a mis fin au système d’exclusion automatique qui caractérisait les articles L.29 et L.30 […]”, écrit le quotidien Yoor-Yoor, selon lequel malgré “les critiques de l’opposition et la menace d’un recours devant le Conseil constitutionnel, le Sénégal s’oriente vers un modèle d’inégibilité plus ciblé”.

Il reste que selon Sud Quotidien, l’adoption de ce texte a contribué à raviver les “fractures” politiques, Walfquotidien évoquant, à ce sujet, un “diktat de la majorité” parlementaire, laquelle “a pesé de tout son poids pour faire passer” cette proposition de loi.

“Mais le groupe Takku Wallu [de l’opposition] annonce un recours devant le Conseil constitutionnel”, signale Walfquotidien, Tribune notant à propos que la députée Aïssata Tall Sall, présidente dudit groupe, juge cette loi “dangereuse” pour la démocratie sénégalaise.

“Elle pointe une loi ‘personnelle’, à portée rétroactive et susceptible, selon elle, d’encourager la contestation des décisions de justice”, écrit le quotidien L’As.

Les contempteurs de cette proposition de loi soutiennent que ce texte est taillé sur mesure pour l’actuel Premier ministre et chef du parti au pouvoir, Ousmane Sonko. Mais “contrairement aux supputations”, le nom de Sonko figure déjà sur les listes électorales, a précisé le ministre de l’Intérieur cité par le quotidien Libération.

M. Sonko avait été empêché de se présenter à la présidentielle de 2024 après une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques.

Il avait été condamné en mai 2023, en appel, à six mois d’emprisonnement avec sursis et 200 millions CFA de dommages et intérêts pour diffamation, après une plainte de l’ancien ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang.

La Cour suprême avait confirmé cette condamnation en janvier 2024, quelques semaines avant le scrutin, avant de rejeter, en juillet 2025 un recours de M. Sonko, alors Premier ministre depuis avril 2024, contre cette condamnation, relançant le débat sur son éligibilité.

”Enfin Farba Ngom libre”

Il avait toutefois a été élu député aux législatives de novembre 2024 avant de renoncer à son mandat pour rester Premier ministre, à la faveur d’une loi d’amnistie.

Les quotidiens annoncent par ailleurs que le député Mouhamadou Ngom dit Farba a obtenu, mardi une liberté provisoire et a été placé sous contrôle judiciaire.

La Cour suprême a ordonné sa libération, confirmant ainsi l’ordonnance de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, qui s’était prononcé en janvier dernier en faveur d’une libération provisoire de ce cadre l’Alliance pour la République (APR), l’ancien parti au pouvoir.

Ce fidèle de l‘ancien président sénégalais Macky Sall (2012-2024) était en détention depuis 14 mois.

Il est poursuivi, entre autres, pour de présumés blanchiment de capitaux dont la valeur est estimée à plus de 125 milliards de Francs CFA.

”Enfin Farba Ngom libre”, affiche le quotidien L’As, selon lequel le député-maire des Agnam, une commune de la région de Matam, voit ainsi ”le bout du tunnel”. Cette décision de justice ”met fin à quatorze mois d’un bas de fer judiciaire intense entre la défense et le ministère public […]”, relève le journal Le Quotidien.

”Après 425 jours de détention, le député-maire des Agnam […] voit la haute juridiction confirmer sa libération, bloquée à chaque fois à cause de nombreux recours au parquet”, ajoute Le Quotidien, Walfquotidien affichant “La justice libère Farba”, Sud Quotidien notant de son côté “Quatorze mois de détention suivis d’une annulation de procédure”.

BK

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